École suisse d'ingénieurs du bois, Bienne, Suisse.

Maître d'oeuvre : Marcel Meili, Markus Peter et Zeno Vogel (Zürich),
Maître d'ouvrage : Office des bâtiments, direction des travaux publics, des transports et de l'énergie, Canton de Berne,
Lieu : Bienne, Suisse,
Réalisation : 1999,
Photos : Georg Aerni, Zürich,
Textes, graphiques : Vincent Rocques, (DESS ENSTIB, EAN-EAS).

Présentation


Ce grand volume de bois paraît comme inhérent au site. Glissé dans l’existant, il repose sur un socle légèrement surrélevé et qui donne à l'ouvrage l'allure d'un "temple grec".

Intégration au site

Le site est situé au pied de la ligne des montagnes du Jura sur la route de Soleure en Suisse. La composition du plan de masse souligne la relation de proximité soigneusement traitée entre le projet d’extension, les bâtiments existants et les espaces extérieurs.

Les anciens hangars de leur vêture en planches de bois brun-noir et leur toit de tuile rouge à deux pentes viennent tutoyer le nouvel édifice, pour décrire une réalité formelle mettant en avant ce dialogue entre l’existant et l’architecture contemporaine de ce volume de bois.

Le projet d’extension se glisse dans le terrain suivant sa largeur pour le diviser en deux parties, l’une fonctionnelle, ouverte sur la route réservée aux stationnements et à la scierie pour l’acheminement des grumes et l’autre sur un espace plus confiné pour un jardin intérieur.

À plus grande échelle, son implantation est significative dans son intégration au site du fait de sa hauteur de quatre étages et de sa position perpendiculaire en bordure de la route, matérialisée par sa façade aveugle en parement de panneaux de bois.

Proximité de l'école et des hangars existants.

Organisation architecturale

La composition fonctionnelle des différents niveaux du nouveau bâtiment scolaire est étroitement liée aux exigences relatives à la sécurité incendie. C’est dans ce sens que les architectes et ingénieurs trouvèrent une motivation en adaptant les choix architecturaux (bois+béton) aux contraintes imposées par la réglementation au feu.

Ces choix architecturaux et de mise en oeuvre des matériaux utilisés font la distinction entre les composants protégeant les usagers des risques d'incendies vers l'extérieur par le biais d'une ossature en béton précontraint et ceux venant s'adosser contre elle par des modules de caisses de bois auto-stables.

Ainsi, nous retrouvons sur les plans cette organisation rigoureuse des différentes parties fonctionnelles du programme réparti sur quatre étages et un sous-sol.

Façade aveugle en bordure de route

Le sous-sol

La partie enterrée du bâtiment est réservée à tous les équipements techniques servant à alimenter les différentes salles en eau, chauffage, etc. Cette bande technique est contenue dans un noyau de béton hermétique à tous les incidents liés au feu.

Par conséquent, les risques de foyers propices au développement du feu sont mis à l’écart des autres espaces du bâtiment réalisés en ossature bois.

Plans de sous-sol (gauche) et étages supérieurs 1 et 2 (à droite).

Le rez-de-chaussée

En partie médiane du plan, on trouve un corridor centre en béton de 94 mètres de long regroupant les circulations verticales et horizontales et des blocs sanitaires. Cette zone peut être mise à l’épreuve du feu, tandis que les quatre salles de classes et les quatre ateliers sont réalisés en ossature bois. Ils viennent s’adosser le long du corridor, similaire à des caisses de bois entreposées.

En partie haute du plan, côté rue, se trouve la salle de conférence et son déambulatoire annexé par une salle de restauration à l’ancien bâtiment. Ces caisses de bois sont séparées par des loggias qui permettent une vue transversale depuis l’intérieur du corridor et réalisent ce rapport étroit avec l’environnement proche et lointain.

L’aboutissement de ce plan disloqué dans sa longueur est issu de cette adaptation de choix architecturaux déjà évoqués, suivant la réglementation au feu. L’écriture du plan de rez intégrant ces contraintes de feu, implique directement celle des façades longitudinales, sur une hauteur de trois niveaux.

Corridor et cages d'escaliers en béton.

Premier et second niveau

Ces deux étages s’organisent de la même manière suivant le long corridor et ses parties fonctionnelles, les caisses de bois et les loggias se superposent depuis le rez-de-chaussée jusqu’au troisième étage pour marquer en façade cette bande horizontale et massive.

Vue sur les loggias et des caisses de bois que sont les classes

Attique

Le quatrième étage, en retrait est couvert par un toit presque plat composé de grands panneaux en acier inoxydable qui dépasse l’alignement des façades de plus de 2 mètres. On y trouve l’ensemble de l’administration et en tête la bibliothèque. La largeur de l’axe de circulation est plus étroit qu’aux étages inférieurs. Les murs de séparation s’alignent avec les noyaux de service, pour laisser place à la structure du plan libre.

Toit recouvrant l'attique et dépassant l'alignement des façades

Les façades longitudinales

Extérieurement, la composition de ces façades joue avec la disposition des caisses de bois et des loggias sur trois niveaux.

La régularité des percements (loggias et caisses de bois) s'unifie par le traitement de l'attique, dans la répétition des composants tels que les volets en acier inoxydable et les panneaux de bardage en Chêne.

L'attique fonctionne comme l’élément permettant d’unifier l’ensemble des volumes pleins et des vides sur 94 mètres de long. Ici, la composition du volume s’inspire de l’image des piles de planches stockées sur les aires de séchage.

Façade rythmée par les loggias et caisses de bois et unifiée par l'attique au dernier étage.