La maison bleue, Paris (XIVème)

Maîtrise d’ouvrage : SCI " La maison bleue ", Paris (75)
Maîtrise d’œuvre : G2A Architecte, Paris (75) F. PAYEN ; E. HOCHART
Bureau d’étude : GNJATIC, Paris (75)
Entreprise bois : LA SECONDE, Artenay
Lieu : 7, rue Alfred Durand-Clay – 75 014 Paris
Date de réalisation :1995
Surfaces : SHON : 240 m2
Textes: M. CHOFFEL, G. HENNEVEUX
Photos: M. CHOFFEL, G. HENNEVEUX

Présentation


L’immeuble, qui comporte deux logements et un bureau est situé au cœur du 14ème arrondissement de Paris. Dans une rue étroite, il s’élève de cinq étages sur une faible emprise. La façade nord est mitoyenne à un autre immeuble, la façade sud est contiguë à un jardin non constructible, la façade est donne sur la rue et la façade ouest sur un jardin commun à l’îlot.

Ainsi, malgré son exiguïté, ce terrain dispose de trois façades où des vues peuvent s’ouvrir. L’intégration dans un site caractérisé par l'étroitesse de la rue et l’architecture XIXème des immeubles voisins, est réussie.

Dans la conception du bâtiment, G2A a su tirer avantage des petites dimensions d’implantation du bâtiment en imposant une grande dimension pour la hauteur. Des jeux d’ouvertures en angle, tantôt mises à nue tantôt en retrait, et de continuité de matériaux renvoient le regard du passant sur la façade latérale, comme une élongation de la façade sur rue.

Le bâtiment du fait de sa situation dans la rue, bénéficie d’un point de vue particulier : l’étroitesse de la rue est compensée par le vide laissé par le jardin contigu à la parcelle, qui laisse voir la façade latérale du bâtiment. De ce fait, c’est l’angle qui devient le point focal du projet, d’où le traitement sculptural de l’ensemble.

On peut remarquer également, une interprétation qui renouvelle le découpage classique des façades par la traditionnelle alternance socle – partie courante – attique. Ici, le socle est bel et bien constitué du rez-de-chaussée et du premier étage, comme on peut le voir par leur léger recul et par le traitement des entrées, tandis que l’attique est formé par la couverture courbe en zinc qui couronne le bâtiment et ondule jusqu’à la terrasse du triplex.

Cependant, on peut observer par la composition des ouvertures sur les deux façades, qu’il n’y a pas vraiment de prédominance de l’élévation sur rue sur la façade pignon. En effet, le traitement des menuiseries en angle, ainsi que l’alternance des matériaux (bardage bois et revêtement stratifié Trespa pour le premier logement, Trespa et panneaux métalliques aux étages supérieurs) introduisent un glissement, une imbrication des deux façades.

Cette imbrication n’est pas seulement un traitement en épaisseur des façades, mais est la transcription directe de la construction des espaces intérieurs, puisque l’emplacement des baies en façade répond au décalage des niveaux intérieurs qui s’enroulent autour de l’escalier.


Ces décalages successifs (dès le premier étage, quelques marches séparent la partie sur rue de celle sur jardin, comme on peut le voir dans la coupe transversale) trouvent leur aboutissement dans le logement en triplex des derniers étages, où les niveaux donnent alternativement sur la rue et sur la terrasse, et où les architectes ont pu jouer sur des profondeurs et des correspondances visuelles à l’intérieur du logement. Largeur et hauteur de marches des volées d’escaliers, variables selon l’usage, participent à l’alchimie des espaces par la scénographie qu’elles créent.