Sols extérieurs: les nouveaux chemins de l'eau

Réalisations
Parc de la Seille, Metz (57)
ZAC de la Morinais, Saint-Jacques de la Lande (35)
Quartier du Kronsberg, Hanovre, Allemagne
Lycée Jacquard, Caudry (59)
  Parc de la Seille, Metz (57)

Maître d'ouvrage : Ville de Metz
Paysagistes : Jacques Coulon et Laure Planchais
Bureaux d'étude : SINBIO et SINT
Réalisation: 2001-2002

Sources:
www.metz.fr
www.sint.fr

Bassin sec du parc de la Seille, Metz
Sources : Sébastien Ludwig

A Metz, la construction du nouveau quartier de l'Amphithéâtre, à proximité du centre historique, s'est accompagnée de la réalisation d'un parc urbain de 20 hectares, destiné à gérer les eaux pluviales des 45 hectares nouvellement urbanisés.

Il se compose d'une série d'ouvrages multi-fonctionnels permettant le stockage et le traitement des eaux de ruissellement, mais aussi la mise en scène du cycle de l'eau et le développement d'écosystèmes adaptés aux différents milieux. Situé en bord de Seille, son aménagement a permis de dégager le lit de ce cours d'eau autrefois très encaissé et le développement d'une végétation typique.

Il comporte un bassins sec de 40 par 75 m, capable de retenir quelques jours par an les eaux pluviales issues de fortes précipitations et servant de terrain de jeux de ballons le reste du temps. Une roselière de 2000m2 de filtre planté de roseaux ainsi qu'une prairie humide assurent le traitement de l'eau et la limitation du débit de fuite vers la rivière.


  ZAC de la Morinais, Saint-Jacques de la Lande (35)

Maître d'ouvrage de la ZAC : Ville de Saint-Jacques de la Lande
Urbaniste coordinateur de la ZAC : Jean-Pierre Pranlas-Descours
Paysagistes : Atelier Bruel-Delmar
Concours : 1992
Réalisation prévue jusque 2009

Sources:
D'A 89, décembre 98, p32
Empreinte 42, septembre 1998, p39
AMC 106, avril 2000
Technique et Architecture n°486 p37
Rapport de présentation, ZAC de la Morinais, mai 2001

Noue paysagère
Sources : Sébastien Ludwig

Jardin du Censier
source : D'A n°89

La commune de Saint-Jacques de la Lande est située dans la banlieue de Rennes. Pour lutter contre l'étalement urbain, la décision a été prise de constituer un nouveau quartier sur des prairies bocagères, quartier destiné à devenir le nouveau centre de la ville.

Cette ZAC de 70 ha comprend 35 ha consacrés à un parc et 35 autres constitués d'immeubles d'habitation, de maisons individuelles (2000 logements), d'une médiathèque, d'un groupe scolaire, d'une crèche, d'un supermarché et de commerces ainsi que d'une mairie. Le projet s'appuie sur une lecture paysagère du territoire et s'implante en fonction de la topographie et des zones inondables, sur un plan en damier inspiré des haies bocagères.

Plan masse de la ZAC de la Morinais
Sources : AMC n°106, avril 2000

La ZAC est située sur le bassin versant aval du Blosne, cours d'eau naturel, ce qui nécessite la réalisation de bassin tampons pour le stockage des eaux excédentaires dues à l'urbanisation. La gestion des eaux pluviales est un élément essentiel du projet. L'eau, à l'exception de celle des voiries, n'est jamais canalisée en souterrain. Elle participe à la qualification des espaces publics majeurs et des coeurs d'îlots.

Plan masse de la ZAC de la Morinais
Sources : AMC 106, avril 2000

Son flux est ainsi exprimé à toutes les échelles : gouttières, fossés, rigoles, noues, bassins de décantation et canaux conduisent l'eau vers le parc et la rivière en profitant de la légère pente du terrain. Un réseau de canaux ouverts fait de bassins successifs recueille ainsi les eaux intérieures des îlots et des bâtiments. Les surfaces sont traitées de manière à permettre l'infiltration de l'eau et la couverture du centre commercial est formée par une dalle jardin plantée d'arbres fruitiers et traversée par un canal de recueil des eaux.



  Quartier du Kronsberg, Hanovre, Allemagne

Maître d'ouvrage : ville de Hanovre
Planificateurs : Arnaboldi, Cavadini, Hage
Concours : 1992

Sources:
Arène Ile-de-France

Bassin en eau
Source : Arène Ile-de-France

Aménagement de canaux
Source : Arène Ile-de-France

Recueil et infiltration des eaux
Source : Arène Ile-de-France

Au début des années 1990, la municipalité de Hanovre est confrontée à une pénurie de logements due à l'afflux de population de l'ex RDA. Elle décide de créer un nouveau quartier, en périphérie. Parallèlement, le site est choisi pour accueillir l'Exposition Universelle 2000 ayant pour thème "humanité-nature-technologie".

Dans un premier temps, une partie des logements construits sert, pour la durée de l'exposition, à loger le personnel travaillant sur le site. Dans un second temps, le quartier est destiné à héberger 6700 habitants et 3000 bureaux sur les 44 hectares constructibles du site.

A Kronsberg, des études préliminaires montrent qu'un système conventionnel de gestion des eaux de pluie entraînerait, à long terme une baisse du niveau piézométrique dans les zones boisées avoisinantes et un impact néfaste sur le seul cours d'eau récepteur de la zone. La commune se fixe comme objectif d'éviter toute modification du cycle naturel de l'eau.

Un système de drainage semi-naturel, censé reproduire fidèlement l'écoulement naturel de l'eau, est choisi. Il associe infiltration, rétention décentralisée et semi-centralisée et rejet limité des eaux de pluie. Le principe de base repose sur la notion de rétention décentralisée : le maximum d'eau de pluie doit être retenu et infiltré par les espaces non bâtis publics et privés. Nommé "Muldenrigolen", 17% moins cher qu'un système de drainage classique, il se compose d'éléments de surface et d'éléments enterrés. Cette association est en effet rendue nécessaire par la faible perméabilité du sol. Des fossés et puits d'infiltration creusés de chaque côté des chaussées et dans les espaces publics et privés limitent les risques de pollution et permettent de limiter les rejets dans le cours d'eau.

Le règlement du quartier fixe différentes obligations. En plus des systèmes d'infiltration, les toits des garages souterrains ne se trouvant pas sous les bâtiments et des toits dont la pente est inférieure à 20% doivent être enherbés. Les chasses d'eau des toilettes de la maison de quartier et de l'école maternelle sont également alimentées par les eaux de pluie.

Un premier bilan montre que 45% des eaux pluviales s'infiltre dans le sol, 53% s'évapore et seulement 2% est finalement rejeté dans les réseaux. Pour sensibiliser le public, la gestion de l'eau est utilisée comme élément de composition urbaine. Des fontaines et sculptures d'eau agrémentent les espaces non bâtis.


  Lycée Jacquard, Caudry (59)

Maître d’Ouvrage :
Région Nord Pas de Calais
Maîtrise d’œuvre : 3.AUAI , Lucien KROLL - Bernard FASOL, Architectes, Atelier QUATR’A Architecte
Bureaux d'étude technique :
Tribu et Sodeg

Toiture végétalisée
Source : www.tributribu.com

Le lycée Jacquard de Caudry dans le Pas-de-Calais est l'une des premières expérimentations de la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) au niveau d'un lycée. Il a été réalisé en 2000 par l'architecte belge Lucien Kroll.

Cette démarche s'est traduite par une limitation des remblais et déblais et des transports de matériaux lourds et un choix de matériaux à faible charge énergétique, durables et sans traitements délavables. Le bâtiment est également flexible et peut être converti en logements. Le confort thermique d'été et d'hiver a été pris en compte pour limiter les dépenses énergétiques (isolation par l'extérieur...).

La gestion des eaux pluviales a également fait l'objet d'une attention particulière à différentes échelles. 30% de la surface des toitures est végétalisée pour permettre la rétention et une première filtration de l'eau lors des fortes chutes de pluies. Le lycée évite ainsi l'encombrement des canalisations de la ville. Parmi ces surfaces, 2000m2 comprennent une végétation extensive. La mise en oeuvre s'est effectuée sur support bois pour les toitures à pente comprises entre 10 et 35% et sur support béton pour les toitures terrasses. Le choix des espèces s'est porté sur des essences adaptées à la région, particulièrement sur des graminées ne demandant que peu d'entretien et dont l'aspect évolue en fonction des saisons.

L'imperméabilisation de la cour intérieure est limitée et l'herbe de prairie a été préférée à la pelouse. Ces dispositifs sont complétés par des bassins paysagers qui recueillent les eaux de pluie et sont favorables à l'installation de biotopes (faune et flore spécifiques). L'objectif de l'architecte est d'éviter que l'on n'y voit que des outils techniques.

Ainsi, des gabions de briques de tourbe forment des reliefs sous l'eau, un bassin d'orage, imposé par la ville, retient le surplus des précipitations en noyant pendant de courtes périodes des zones plantées à cet effet. L'eau de pluie est également stockée dans une cuve pour faire fonctionner les sanitaires et pour arroser les espaces extérieurs, permettent ainsi de couvrir 100% des besoins.