Sols extérieurs: les nouveaux chemins de l'eau

Technique
Des techniques alternatives
Les noues
Les fossés
Les tranchées drainantes et infiltrantes
Les puits d'infiltration
Les chaussées à structure réservoir
Les bassins secs
Les bassins en eau
Les toits stockants
Les toitures vertes
Les matériaux de surface
  Des techniques alternatives

Eaux usées, le traitement par les plantes

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Source:
Office international de l'eau

Turufan, Chine

L'eau en ville à Téhéran
Sources : Carrefour des gestions locales de l'eau, Rennes 2007


Canal d'écoulement des eaux pluviales
Saint-Jacques de la Lande
source : T et A n°486

Caniveau à Saint-Jacques de la Lande

Des techniques alternatives permettent, que ce soit au niveau du particulier comme de la collectivité, de traiter d'une part les pollutions et de limiter d'autre part les dégâts liés aux crues.

Il ne s'agit pas de supprimer ces dernières, mais d'organiser les " transferts de volumes dans le temps et l'espace à l'échelle de la totalité des bassins versants".12

L'adjectif "alternatives" qualifie ainsi l'ensemble des techniques se substituant aux habitudes centralisatrices et mono-techniques utilisées de manière majoritaire jusque dans les années 1990.

A la différence des procédés de régulation traditionnelle du tout au réseau, ces techniques alternatives misent d’avantage sur les micro-stockages. L’objectif n’est plus d’évacuer les eaux de pluie mais de gérer ces volumes sur place. A la différence des canalisations, elles ne requièrent pas de grands travaux de terrassement.

Modulables et complémentaires, elles peuvent être mises en oeuvre aussi bien dans les zones d’urbanisation nouvelles, que dans les centres-villes anciens.


Système d'écoulement des eaux à Scharnhausen Park

Ces techniques alternatives s’articulent autour de deux principes fondamentaux :

– la rétention, pour réguler les débits et étaler les apports à l’aval.

– l’infiltration dans le sol, lorsqu’elle s’avère possible, pour réduire les volumes s’écoulant vers l’aval.

Les ouvrages correspondants sont ainsi de différents types. Les ouvrages de rétention stockent temporairement les eaux pluviales avant de les restituer à débit limité grâce à un organe de régulation. Les ouvrage d'infiltration récoltent les eaux et permettent leur infiltration progressive. les ouvrages de rétention infiltrants quant à eux allient ces deux fonctionnement de base.

Ces techniques permettent un traitement des eaux en décantant les matières en suspension et en filtrant une partie des polluants. Dans des cas de pollution importante, ils sont parfois associés à des ouvrages de prétraitement.

Ces techniques alternatives présentent l'avantage de ne nécessiter aucun terrassement et de réduire les coûts. De plus, elles permettent une sensibilisation du public à la problématique de l’évacuation des eaux et peuvent être l'occasion de créer des espaces de qualité. Bien entretenus, ces nouveaux milieux artificiels permettent d’installer une biodiversité.

Cependant, des mesures doivent être prises pour éviter tout danger pour les populations : pentes de talus, signalétique, maîtrise de la montée d’eau dans les ouvrages…. Ces techniques alternatives ont ainsi du mal à s'imposer pour des raisons de sécurité mais aussi pour des questions de gestion et d'entretien, qui conditionnent la pérennité et la fiabilité des ouvrages. Consommateurs d'espaces, ces techniques nécessitent de concilier fonction hydraulique de l'ouvrage et rôle dans l'espace public.


  Les noues

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Source:
Carrefour des gestions locales de l'eau, Rennes 2007

Noue paysagère du bâtiment de la Solar Fabrik, Freiburg
Source : Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Noue engazonnée en zone pavillonnaire, Villefontaine
Sources : Région Rhône-Alpes

14

Source:
Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Les noues sont des fossés peu profonds ayant une emprise large. Le stockage et l’écoulement de l’eau se font à l’air libre.

L’eau est collectée, soit par l’intermédiaire de canalisations dans le cas, par exemple, de récupération des eaux de toiture et de chaussée, soit directement après ruissellement sur les surfaces adjacentes. L’eau est évacuée vers un exutoire (réseau, puits ou bassin de rétention) ou par infiltration dans le sol et évaporation. En général, lorsque le rejet à l’exutoire est limité, l’infiltration est nécessaire, à condition qu’elle soit possible. Une noue de 2 mètres de large débite autant qu'une canalisation de 400mm.13

Principe d'une noue d'infiltration et d'une noue de rétention
Sources : Région Rhône-Alpes


Intégration paysagère

 

L’engazonnement est suffisant mais doit être réalisé avant la mise en service et avec une épaisseur de sol de bonne qualité.

Coût

 

De l’ordre de 10 à 30 € HT par mètre linéaire (ml), proportionnel au m2 terrassé. On peut le comparer avec un réseau d’assainissement classique où les prix sont de l’ordre de 120 à 140 € HT par ml.14

Utilisation

 

Cet ouvrage ou du moins son concept, est la plus utilisée des techniques alternatives (à part entière ou en complément d’autres techniques).

 

Une noue peut être utilisée en milieu urbain, péri-urbain ou rural et aussi bien en lotissement que sur site industriel.

Entretien

 

Il faut tondre les rives engazonnées, arroser les végétaux présents, ramasser les feuilles et les détritus.

 

Il faut de plus, lorsqu’on remarque une diminution de la capacité hydraulique de l’ouvrage, extraire les boues de décantation.

Avantages

 

Conception simple et coût peu élevé.

 

Structure unique permettant à la fois la collecte, le stockage et l’évacuation des eaux pluviales.

 

Intégration paysagère et création d’espaces verts.

 

Réalimentation des nappes.

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par décantation et « filtration » par interception dans le sol.

 

Réalisation possible par phases, selon les besoins en stockage.

 

Sensibilisation du public par visualisation directe du problème du traitement des eaux pluviales.

 

Franchissement simple pour les riverains.

 

Une noue de profil assez modeste est capable de débiter autant qu’une canalisation.

 

S’il y a des disfonctionnements, comme par exemple des accumulations de feuilles, on le voit facilement.

Inconvénients

 

Nécessité d’un entretien régulier (mais simple).

 

Risque de pollution du sol (si infiltration).

 

Dépôts de boues de décantation à évacuer lorsque leur quantité induit une modification du volume utile de rétention.

 

Risques de nuisances olfactives (stagnation d’eau) par défaut de réalisation ou manque d’entretien.



  Les fossés

Un fossé est un ouvrage à ciel ouvert de faible largeur, assez profond, avec des rives abruptes. Il sert au recueil des eaux pluviales, à leur rétention et à leur évacuation par infiltration directe dans le sol s’il est perméable par rejet dans un cours d’eau ou un réseau.

Fossé d'infiltration au quartier Vauban, Freiburg
Sources : Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006


Intégration paysagère

 

L’intégration paysagère est délicate dans les zones urbaines, car il est difficile de planter des végétaux.

 

Il est possible d’avoir recours à des fossés maçonnés.

Coût

 

De l’ordre de 9 € par mètre linéaire (ml) HT (proportionnel au m2 terrassé).15

 

La maçonnerie de l’ouvrage augmente considérablement le coût, qui peut varier entre 45 et 90 € HT par ml selon la nature de la maçonnerie utilisée.

Utilisation

 

De part sa nature et sa morphologie, le fossé est destiné à être implanté en milieu rural ou industriel.

Entretien

 

Son entretien est difficile car on ne peut le tondre comme pour un espace vert (talus trop important pour une tondeuse), il faut débroussailler, faucarder (entretien spécifique).

 

De plus, comme un fossé est profond et/ou souvent en eau, il n’est pas évident d’extraire les boues de décantation qui colmatent le fond de l’ouvrage. Il faut alors réaliser un curage suivi d’un re-profilage sur l’ensemble du linéaire.

Avantages

 

Raccordement des canalisations de gouttières des riverains aisé compte tenu de la profondeur de l’ouvrage et de son profil structuré.

 

En milieu rural, en particulier le long des voies principales de desserte, le fossé présente, par rapport aux noues, l’avantage d’être moins sensible aux détériorations liées au stationnement et franchissement.

Inconvénients

 

Entretien spécifique et peu aisé par sa profondeur et par le fait qu’il soit souvent en eau.

 

Peut présenter un risque pour les riverains et pour les enfants en particulier

 

Ne peut être mis en oeuvre en milieu urbain ou péri-urbain.

 

En milieu urbain, le profil du fossé rend difficile son entretien régulier : il risque progressivement d’être envahi par des dépôts divers.



  Les tranchées drainantes et infiltrantes

Tranchée d'infiltration, Saint-Priest
Sources : Région Rhône-Alpes

Tranchée préfabriquée pour drainage latéral de chaussée
Sources : www.terageos.com

16

Source:
Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Une tranchée est un ouvrage superficiel (entre 1 et 2 mètres de profondeur), linéaire, situé à l’aval du secteur imperméabilisé. Il est utilisé pour l’assainissement pluvial des voiries et des toitures.

Le stockage de l’eau s’effectue dans les structures granulaires reconstituées (galets, roches concassées, graviers) et les tranchées sont revêtues de dalles de béton ou de pelouse. L’eau est ensuite infiltrée ou restituée dans un cours d’eau ou un réseau.

Principe d'une tranchée végétalisée et d'une tranchée couverte
Sources : Région Rhône-Alpes



Intégration paysagère

 

La tranchée drainante s’intègre parfaitement dans le paysage : elle peut être indétectable si l’aménageur le souhaite.

Coût

 

De l’ordre de 60 € HT par mètre linéaire (ml) pour un profil de 1 m2/ml ou de 30 à 38 €/m2 terrassement + remplissage + géotextile16

Utilisation

 

Les aménagements réalisés sur les tranchées sont divers et variés.

 

Ils peuvent être sous la forme d’espaces verts, de chemins piétonniers, comme des promenades ou des trottoirs ou bien en voies d’accès pour les véhicules comme des parkings.

 

Cette solution ne présente pas de contraintes urbanistiques et topographiques majeures, hormis la nécessité d’avoir un terrain naturel faiblement pentu et un sous-sol non encombré.

Entretien

 

Il n’existe aucune contrainte particulière pour la tonte des pelouses.

Avantages

 

Technique adaptée à la collecte et à l’évacuation des eaux pluviales de toiture d’un pavillon à l’échelle d’une parcelle individuelle.

 

Faible coût, au plus égal à celui d’un réseau classique de collecte des descentes de gouttières.

 

Installation aisée dans un jardin privé, même de petite taille.

 

Réduction des débits de pointe et des volumes s’écoulant vers les exutoires.

 

Réalimentation des nappes phréatiques (si infiltration).

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par «filtration »

 

Mise en oeuvre facile et maîtrisée.

 

Bonne intégration paysagère et dans le tissu urbain.

 

Faible emprise foncière.

 

Les tranchées sont bien adaptées aux terrains plats dont l’assainissement pluvial est difficile à mettre en place.

Inconvénients

 

Risque de colmatage de la tranchée si les eaux de pluie y parviennent trop chargées en matières en suspension, surtout pour les tranchées le long des voies circulées et arborées.

 

Risques de nuisances olfactives (stagnation d’eau, putréfaction de végétaux,…) par défaut de réalisation ou manque d’entretien.

 

Dépôts de flottants. Dépend de la nature des eaux retenues dans la tranchée et de la présence ou non d’un système de « dégrillage » en amont.

 

Nécessité d’un entretien régulier spécifique (nettoyage de la structure réservoir, du drain, des bouches d’injection et des avaloirs…).

 

Risque de pollution de la nappe.

 

Difficilement applicable pour des terrains naturels à forte pente.

 

Technique tributaire de l’encombrement du sous-sol.



  Les puits d'infiltration

Les puits sont des dispositifs de plusieurs mètres (voire plusieurs dizaines de mètres) vers une zone perméable du sol pour assurer un débit de rejet compatible avec les surfaces drainées, après stockage et prétraitement éventuels.

Les puits sont souvent associés à des techniques de stockage de type chaussée-réservoir, tranchée drainante, fossé ou même bassin de retenue, dont ils assurent alors le débit de fuite. Les deux principaux types de fonctionnement sont :

- les puits d’infiltration, qui ne sont pas en contact direct avec la nappe phréatique,

- les puits d’injection, qui eux, sont en contact direct avec la nappe et injectent donc directement l’eau dans la zone saturée.

Principe d'un puits stockant et d'un puits infiltrant
Sources : Région Rhône-Alpes



Intégration paysagère

 

Le puits s’intègre aisément dans le tissu urbain et sa surface peut être réutilisée de plusieurs manières (parking, espaces collectifs comme une aire de jeu par exemple).

Coût

 

Coût : 3 €/m2 de surface assainie17.

Utilisation

 

Cette solution ne présente pas de contraintes urbanistiques et topographiques particulières et majeures hormis la nécessité d’avoir un sous-sol perméable.

 

Elle peut être utilisée aussi bien par un industriel que par un particulier, aussi bien en milieu urbain que périurbain ou rural.

Entretien

 

Spécifique régulier (nettoyage de l’intérieur du puits, curage du fond,…) et entretien annuel limité des éléments de prétraitement (filtres, regard de décantation, etc.) et au remplacement périodique du gravier et du sable.

Avantages

 

Simplicité de conception et coût peu élevé.

 

Large utilisation, de la simple parcelle aux espaces collectifs.

 

Convient à tous types d’usages, sauf usages industriels.

 

Bonne intégration dans le tissu urbain (faible emprise au sol) et la possibilité de réutiliser la surface en parking ou en aire de jeu par exemple.

 

Technique bien adaptée aux terrains plats où l’assainissement est difficile à mettre en oeuvre.

 

Réduction des débits de pointe et des volumes s’écoulant vers les exutoires.

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par décantation dans le puits et par « filtration ».

 

Ne nécessite pas d’exutoire.

 

Assure la réalimentation des nappes.

 

Utilisable pour les sols dont les premiers horizons géologiques sont imperméables mais possédant des sous-couches perméables.

Inconvénients

 

Risque de pollution du sol et de la nappe.

 

Risque de colmatage du puits.

 

Dépôts de boues de décantation à évacuer lorsque leur quantité induit une modification du volume utile de rétention.

 

Dépôts de flottants. Dépend de la nature des eaux retenues dans le puits et de la présence ou non d’un système de « dégrillage » en amont.

 

Risques de nuisances olfactives.

 

Capacité de stockage limitée, dépendante de la hauteur et des fluctuations de la nappe.



  Les chaussées à structure réservoir

Mise en place de la structure d'une chaussée réservoir
Sources : Diren Languedoc-Roussillon

18

Source:
Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Ces chaussées, outre leur fonction première consistant à assurer le trafic léger et lourd des véhicules ou le transit piétonnier, stockent les eaux pluviales dans les couches constitutives du corps de chaussée.

L’eau est collectée, soit localement par un système d’avaloirs et de drains, soit par infiltration répartie à travers un revêtement drainant en surface, enrobé drainant ou pavé poreux. L’évacuation peut se faire vers un exutoire prédéfini, un réseau d’eau pluviale, ou par infiltration, sachant que cette solution ne peut pas être seule.

Différents principes de chaussées à structure réservoir
Sources : Région Rhône-Alpes



Intégration paysagère

 

Étant un ouvrage souterrain, l’intégration au projet peut prendre différentes formes.

 

Elle peut se faire sous forme d’espaces verts (zones de détente, aires de jeu,…), de voies d’accès pour les piétons (promenades, trottoirs), de voies d’accès pour les véhicules (des parkings,…).

Coût

 

Enrobé classique : de l’ordre de 250 € HT par mètre linéaire (ml) de chaussée 18.

 

Enrobé drainant : de 270 à 450 € HT par ml de chaussée.

Utilisation

 

Les chaussées réservoirs restent une solution moins onéreuse qu’une solution classique avec une chaussée traditionnelle, canalisations et bassin de rétention.

Entretien

 

Entretien difficile, l’accès à l’intérieur de la structure n’est pas aisé, voire impossible.

Avantages

 

Diminution, voire suppression des réseaux d’assainissement et de leurs ouvrages annexes, qui rendent le système financièrement compétitif en milieu urbain, lorsque les emprises foncières nécessaires à la réalisation des autres solutions plus économiques telles que les noues et fossés ne peuvent être acquises.

 

Durée du chantier moindre puisque l’assainissement est réalisé en même temps que la réfection de chaussée

 

Insertion très facile en milieu urbain sans consommation d’espace (enterrés donc discrets).

 

Diminution du bruit de roulement si le revêtement de surface est un enrobé drainant.

 

Amélioration de l’adhérence.

 

Piégeage de la pollution.

 

Réalimentation de la nappe (si infiltration).

 

Réduction des débits de pointe vers les exutoires.

 

La surface au sol reste disponible (implantation possible sous des voiries, des parkings,…).

 

Conception relativement facile.

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par décantation et « filtration ».

Inconvénients

 

Intervention sous la chaussée difficile sans détruire la structure (dans le cas d’une structure sous chaussée).

 

Dépôt de boues de décantation qu’il faut évacuer lorsque leur quantité induit une modification du volume utile de rétention.

 

Conception souvent coûteuse (surtout pour les modèles « préfabriqués »).

 

Risque de pollution de la nappe et de nuisances olfactives.

 

Difficilement applicable pour des terrains naturels à forte pente.



  Les bassins secs

Bassin sec à Scharnhausen Park
Sources : Dominique Gauzin-Müller

Bassin sec aménagé en aire de jeux
Sources : Carrefour des gestions locales de l'eau, Rennes 2007

19

Source:
Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Ces ouvrages s’apparentent d’avantage à des noues « élargies » qu’à de véritables bassins d’orages. Ils ont un rôle d’étalement, d’écrêtement des eaux pluviales.

Ils sont principalement constitués par trois parties : un ouvrage d’alimentation, une zone de stockage et un ouvrage de régulation (garantissant le débit de fuite). Un bassin sec à ciel ouvert est situé au niveau du terrain naturel et se vidange complètement suite à l’épisode pluvieux. Il en existe deux types :

- Bassin sec planté ou enherbé : le fond, à très faible pente, est habituellement constitué d’une prairie, d’un espace planté ou engazonné. L’intégration paysagère est donc le principal axe de valorisation.

- Bassin sec revêtu : l’étanchéité du fond, des berges et talus est assurée par géomembrane, béton, enrobé. Ainsi, tout risque de contamination du sol par une pollution éventuelle est évité. Il est cependant beaucoup moins esthétique.

Principe d'un bassin sec d'infiltration
Sources : Région Rhône-Alpes



Intégration paysagère

 

De part leur aspect plurifonctionnel les bassins secs ont une bonne intégration paysagère.

 

Bassin sec engazonné : espaces verts, aire de détente, terrains de jeux,.
Bassin sec revêtu : espaces de jeu, parkings de surface,…

Coût

 

De l’ordre de 9 à 90 €/m2.19

Utilisation

 

Les bassins de rétention sont des ouvrages surtout adaptés aux milieux peri-urbain ou rural compte tenu de la surface foncière nécessaire.

 

Afin de réduire l’impact financier que cela représente, on cherche souvent à lui conférer une utilisation plurifonctionnelle (aire de jeu, de détente, …).

Entretien

 

Entretien simple, tonte si c’est un bassin engazonné, balayage s’il s’agit d’un bassin revêtu.

Avantages

 

Coût faible : il ne s’agit que de terrassements généraux en déblai et remblai.

 

Intégration paysagère variée : espaces verts, terrain de football, vélodrome, piste de skate,etc.

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par décantation des particules.

 

Conservation d’espaces verts en zone urbaine.

 

Sensibilisation du public par visualisation directe du problème du traitement des eaux pluviales.

 

Réduction des débits de pointe à l’exutoire.

Inconvénients

 

Nécessité d’une réflexion au début du projet, permettant de traiter ces ouvrages sur le plan paysager et urbanistique.

 

Coût du foncier nécessaire à la réalisation de ces ouvrages.

 

Importante emprise foncière la plupart du temps.

 

Risques de nuisances olfactives (stagnation d’eau, putréfaction de végétaux,…)



  Les bassins en eau

Quartier Augustenborg, Malmö, Suède
Sources : Vivre en ville 2002

20

Source:
Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Il s'agit de plans d’eau permanents dans lesquels sont déversées les eaux de pluie et de ruissellement collectées au cours de l’épisode pluvieux.

Leur taille varie en fonction de leur utilité. Elle peut varier de la petite mare en fond de jardin jusqu’au lac accueillant des activités nautiques. Quelque que soit leur taille, ils abriteront toujours un «écosystème» aquatique dont l’équilibre dépendra des variations de volume et de qualité dues aux apports pluviaux.

Principe d'un bassin en eau
Sources : Région Rhône-Alpes



Intégration paysagère

 

Les bassins en eau sont le plus souvent utilisés comme des plans d’eau permanents et paysagers susceptibles d’accueillir des activités variées en fonction de leur dimension :
- activités de loisir s’ils sont de grandes tailles (pêche, canotage, promenade,…),
- aspect paysager s’ils sont de petites tailles.

 

Pour améliorer l’aspect paysager et garantir la stabilité des berges du bassin, il est recommandé de réaliser des berges végétalisées.

Coût

 

Surcoût d’environ 30 % par rapport à un bassin sec de même surface.20

Utilisation

 

Les bassins sont situés soit en domaine public, où on leur attribue un autre usage valorisant les espaces utilisés, soit en lotissement, ou encore chez le particulier.

 

Le bassin doit avoir un usage secondaire pour que son entretien soit rendu obligatoire et donc que sa pérennité soit assurée.

Avantages

 

Dépollution efficace des eaux pluviales par décantation des particules.

 

Très bonne intégration paysagère.

 

Possibilité de recréer un écosystème.

 

L’aménagement d’un plan d’eau déjà existant ne demande que peu d’investissement.

 

Possibilité de conserver la totalité des eaux pluviales collectées.

 

Possibilité de réutiliser les eaux de pluie.

Inconvénients

 

Importante emprise foncière la plupart du temps.

 

Contraintes strictes sur la qualité des eaux collectées d’où la nécessité d’avoir un réseau séparatif strict, de mettre en oeuvre un système de prétraitement en amont.

 

Risques de nuisances olfactives.

 

Nécessité d'assurer une gestion appropriée afin de prévenir l’eutrophisation du bassin (suppression des aérateurs), la prolifération de moustiques, de grenouilles,…



  Les toits stockants

Cette technique consiste à stocker provisoirement l’eau de pluie au plus près de la surface captatrice (toiture). Les toits stockant collectent l’eau directement sur leur surface et ne nécessitent donc pas d’ouvrage de collecte.

Le stockage est permis grâce à un revêtement d’étanchéité, généralement protégé par une couche de gravillons. La couche de gravillons permet de réduire les débits de pointe et assure une « filtration » des eaux pluviales, réduisant ainsi l’effet de colmatage. Un petit parapet, en pourtour de toiture, permet de stocker quelques centimètres d’eau avant de la restituer à débit limité vers un exutoire.

De plus, un système de trop-plein permet d’éviter une surcharge de la structure lors d’un épisode pluvieux qui saturerait les systèmes de stockage et de régulation. Cette technique est utilisée pour ralentir le plus tôt possible le ruissellement, sur les toits le plus souvent plats, mais éventuellement en pente de 0,1 à 5 %. Les toitures peuvent également être végétalisées.

Principe d'un toit stockant
Sources : Région Rhône-Alpes


Intégration paysagère

 

Intégration de façon esthétique à tous types d’habitats, y compris en milieu urbain

Coût

 

De l’ordre 50 à 100 €/m2 de toiture21.

Utilisation

 

Cette solution, peu coûteuse, est bien adaptée, en milieu urbain dense, à l’assainissement pluvial de petites surfaces imperméabilisées comme des habitations de particuliers.

Entretien

 

Difficile (surtout du système de régulation), au moins deux visites d’entretien par an

Avantages

 

Intégration de façon esthétique à tous types d’habitats, y compris en milieu urbain.

 

Procédé de stockage immédiat et temporaire à la parcelle.

 

Pas d’emprise foncière (faible consommation d’espace).

 

Mise en oeuvre ne demandant pas de technicité particulière par rapport aux toitures traditionnelles, mais réalisation devant être soignée.

 

Diversité de traitements : en herbe, avec un matériau (bois), …

 

Réduction des débits de pointe s’écoulant vers les exutoires

 

Technique qui lorsqu’elle est employée en toiture végétalisée permet de réaliser une économie d’énergie (isolation).

Inconvénients

 

Volumes stockés très limités.

 

Obturation des systèmes d’évacuation par des feuillages ou des branchages par exemple.

 

Risques de nuisances olfactives (stagnation d’eau).

 

Conception très soignée, relevant d’entreprises qualifiées pour garantir une parfaite étanchéité.

 

Eventuels surcoûts.

 

Difficile à mettre en place pour des toits de pente supérieure à 2 %.

 

Risque pour la sécurité si le toit est accessible.



  Les toitures vertes

Toitures : la couverture se met au vert

Hall sportif du quartier Rieselfeld, Freiburg
Sources : Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Toiture végétalisée, Stuttgart, Wohnen 2000
Sources : www.esgt.cnam.fr

22

Source:
www.actu-environnement.com, 2006

Les toitures vertes (ou toitures végétalisées, toiture-jardin, etc.) sont des toitures stockantes qui permettent de capter les eaux pluviales. Une grande partie de l’eau de pluie est ainsi stockée dans la couche drainante ou couche réservoir de tels toits, ce qui réduit les débits de pointes en provenance du toit.

On distingue deux types de toitures vertes en fonction de l’épaisseur du substrat et en conséquence par leur type de végétation :

- Végétalisation intensive : Le toit est accessible et la circulation non limitée. L’épaisseur du substrat (nutritif) est supérieure à 20 cm. Les plantations sont variées (y compris arbustes).

- Végétalisation extensive : Le toit est accessible ponctuellement et la circulation est limitée. L’épaisseur du substrat (peu nutritif) varie entre 6 et 15 cm. Les plantations sont de milieux secs.

Les toitures vertes possèdent les mêmes avantages que les toits stockants mais elles permettent également une meilleure isolation acoustique ainsi qu’une durée prolongée des membranes de couverture, en raison d’une protection accrue (contre les UV par ex.).

La France est encore en retard dans ce domaine. Ainsi, à Berlin, par exemple, la ville prend à sa charge 60% des dépenses liées aux toitures végétalisées et à l'installation de traitement de l'eau de pluie. La ville de Bâle en Suisse subventionne quant à elle à hauteur de 40% la végétalisation extensive de toiture sur son territoire, en se fixant comme objectif la végétalisation annuelle de 20 à 30 000 m2. 22


  Les matériaux de surface

Pavés non jointifs
Sources : Etude sur l'imperméabilisation en région bruxelloise, 2006

Circulations et caniveaux en pavés non jointifs, Scharnhausen Park
Sources : Dominique Gauzin-Müller

Les matériaux de surface sont utilisés pour les aménagements tels que les parkings ou les places publiques. Leur choix se fait en raison de nombreux critères : hauteur de la nappe phréatique, perméabilité du sol, topographie, possibilité d'exutoire, gestion et entretien, fonction de la voie...

Les pavés non poreux

Les pavés non poreux sont utilisés en surface perméable ou imperméable :

- dans le premier cas le drainage s’effectue par les joints ou par des perforations,

- dans le second cas il s’effectue par un système de drainage latéral (caniveau,…).

Les dalles non poreuses

Des dalles non jointives posées sur plots peuvent constituer la surface de réservoir des eaux pluviales pour des espaces piétons en terrasses par exemple.

Les dalles et pavés en pierre poreuse

La structure de la pierre en elle-même permet l'infiltration de l'eau.

Autres matériaux de surface

Des dalles béton-gazon, des pavés ou platelages en bois, des structures végétalisées (gazon, gazon avec fibres,…), des granulats agglomérés à la résine, des surfaces en terre stabilisée peuvent également être utilisées pour permettre l'infiltration des eaux pluviales.